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Revue de Presse

Quelles chansons ont percé à Rennes ?

La ville chantée avec ses chants populaires et la ville chantante avec ses festivals et ses multiples scènes sont les deux facettes de la nouvelle exposition du musée de Bretagne. À entendre !

La plus ancienne

Elle date de 1720. La ville brûle durant plusieurs jours. C’est une longue plainte sur la ville embrasée. L’occasion aussi pour le public de découvrir l’ex-voto adressé par les habitants des quartiers de la place des Lices, à Notre-Dame de Bonne Nouvelle pour la remercier d’avoir été épargnés. Habituellement, on peut voir la toile à l’église Saint-Sauveur.

La plus bretonne

Ce sont les Gwerz, qui relatent les jugements en appel rendus à Rennes. « Rennes apparaît comme la ville qui condamne dur, où l’on emprisonne », explique Pascal Aumasson, directeur du musée de Bretagne.

La plus cruelle

En 1851, Hélène Jégado, cuisinière du Morbihan défraie la chronique. Elle est accusée de trente-sept empoisonnements, en confesse vingt-cinq. Elle est exécutée sur le Champ de Mars en 1852. Une feuille volante vendue dans les campagnes par les colporteurs reprend son histoire, son portrait, et publie une chanson. « Rennes est la caisse de résonance de crimes lointains. »

La plus satyrique

Les chansonniers qui ont accès à la radio s’en emparent, manient l’ironie, sont parfois grivois, « mais sans jamais attaquer l’armée, le maire ni l’église ». Proches des commerçants, ils « mettront en avant la première braderie de Rennes ».

La plus fraternelle

Elle est écrite par Suzanne Josse, emprisonnée à la maison d’arrêt Jacques-Cartier dans les années 1940. Arrêtée parce qu’elle porte un bracelet avec la Croix de Lorraine, symbole adopté par la France Libre. Incarcérée, elle chante l’emprisonnement à « l’hôtel de la tour pointue, avec une certaine bonne humeur, une fierté. C’est une forme de résistance passive à l’occupant allemand. »

La plus amoureuse

C’est celle que l’on offre, que l’on écrit dans un carnet de chansons, précieusement illustré, très personnel, « comme ce cahier d’un militaire qui date de 1906. Il y transcrit un opéra-comique de l’époque La fauvette du temple puis offre son carnet à sa fiancée qu’il épouse quelques années plus tard. »

La plus décriée

À Rennes en 1881, « on interdit les chansons polissonnes ou moralement discutables ». Et c’est le commissaire qui fait injonction au maire. À l’Alcazar, au Champ Jacquet, et au café de Paris, place du Palais, des chanteuses font la quête pour se faire payer, ce qui mènera les organisations corporatistes des chanteurs lyriques à publier un article intitulé A quand la fin de la traite des chanteuses ?

La plus sportive

J’aime la galette saucisse, écrite en 1992 par le collectif de sauvegarde de la galette saucisse bretonne est entonnée avec ferveur les soirs de match de football au stade de la Route-de-Lorient.

Agnès LE MORVAN

Voir en ligne : Article Ouest france du 24/11/2010

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